Fin 2024, un jardinier norvégien nommé Svein Hodne s’est retrouvé enfermé dans sa voiture électrique en panne, une Fisker Ocean, après sa mort sur une route côtière isolée. Cet incident n’était pas seulement une panne en bordure de route ; cela a déclenché un mouvement mondial parmi les propriétaires de véhicules électriques déterminés à arracher le contrôle de leurs véhicules aux entreprises défuntes et aux pratiques technologiques prédatrices.
Le problème : technologie bloquée et propriétaires abandonnés
Le Fisker Ocean, bien qu’élégant et attrayant, s’est avéré peu fiable. Des problèmes logiciels, des pièces défectueuses et des pannes soudaines ont laissé les propriétaires bloqués, parfois littéralement enfermés dans leur voiture. Lorsque Fisker a déclaré faillite, les propriétaires ont été confrontés à une réalité terrifiante : leurs véhicules coûteux étaient devenus des briques inutiles, contrôlées par un logiciel propriétaire sans aucun support. Cette situation met en évidence un défaut critique dans la conception des voitures modernes : le recours à des systèmes centralisés et contrôlés par les entreprises qui laissent les consommateurs impuissants en cas de faillite des constructeurs.
Une communauté s’intensifie
Hodne s’est tourné vers la Fisker Owners Association (FOA), un groupe de propriétaires désespérés en croissance rapide. Ce qui a commencé comme un forum de soutien s’est rapidement transformé en une entreprise automobile gérée par des bénévoles. Dirigée par des personnalités comme Cristian Fleming et Jens Guthe, la FOA ne se contente pas de maintenir les voitures sur la route : elle remet activement en question le modèle économique des constructeurs qui abandonnent leurs clients après la vente.
La lutte pour les pièces, le code et l’indépendance
Les objectifs de la FOA sont ambitieux : sécuriser l’accès aux pièces de rechange, maintenir la connectivité cloud de la voiture pour les mises à jour et, à terme, s’approprier la propriété intellectuelle du véhicule. Il ne s’agit pas simplement de réparer des voitures cassées ; il s’agit de se libérer d’un système dans lequel les fabricants dictent tous les aspects de la propriété, même après la faillite.
Batailles juridiques et ingérence des entreprises
Les efforts de la FOA ont attiré l’attention d’American Lease, une société sur le point d’acquérir les actifs restants de Fisker. Les propriétaires craignent qu’American Lease n’exploite leur dépendance à l’égard des logiciels et des pièces détachées, en facturant des frais exorbitants au lieu de leur donner du pouvoir. La FOA se bat désormais pour un siège à la table du tribunal des faillites, en exigeant des garanties que les propriétaires auront accès aux réparations et aux mises à jour.
L’héritage de la liberté automobile
Cette situation nous rappelle brutalement la promesse initiale de la possession d’une voiture : autonomie et réparabilité. Alors que les constructeurs automobiles verrouillent de plus en plus leurs logiciels et donnent la priorité aux modèles d’abonnement, les propriétaires de Fisker représentent une résistance croissante. Ils ne réparent pas seulement les voitures ; ils se battent pour le droit de contrôler leur propre propriété à une époque où les entreprises technologiques traitent de plus en plus les consommateurs comme des locataires.
La lutte des propriétaires de Fisker est le microcosme d’une tendance plus large : la lutte contre les systèmes propriétaires qui excluent les propriétaires et donnent la priorité aux profits des entreprises plutôt qu’aux droits des consommateurs. S’ils réussissent, cela pourrait créer un précédent pour d’autres secteurs : un avertissement pour les fabricants qui abandonnent des clients et une feuille de route pour ceux qui veulent reprendre le contrôle.






















