Les principales sociétés mondiales d’intelligence artificielle (IA), notamment Meta, Microsoft, Google, Anthropic, OpenAI et Mistral, collaborent sur un nouveau programme d’accélération pour les startups européennes. L’initiative, portée par l’incubateur parisien Station F sous le nom de F/ai, marque un effort commun sans précédent de ces géants de la technologie, traditionnellement concurrents féroces.
Le passage à la collaboration
Depuis des années, ces entreprises se livrent à une concurrence ouverte, se précipitant pour dominer le paysage de l’IA. Ce nouveau partenariat marque un changement stratégique : les six entreprises participent désormais à un accélérateur unique pour soutenir le développement européen de l’IA. Parmi les autres partenaires majeurs figurent AWS, AMD, Qualcomm et OVH Cloud, qui fournissent l’infrastructure et les ressources.
Comment fonctionnent les accélérateurs
Les accélérateurs fonctionnent comme des camps d’entraînement intensifs pour les startups en démarrage. Les fondateurs bénéficient d’un mentorat, d’une formation et d’une présentation à des investisseurs et clients potentiels, le tout conçu pour accélérer la mise sur le marché. L’objectif est d’accélérer les startups du concept à la génération de revenus.
L’écart de commercialisation en Europe
Le programme F/ai cible spécifiquement le déficit de commercialisation en Europe. Les investisseurs ont remarqué que les startups européennes de l’IA mettent souvent plus de temps à atteindre la rentabilité que leurs homologues américaines et chinoises. La directrice de Station F, Roxanne Varza, explique que l’accélérateur se concentrera sur une « commercialisation rapide », aidant ainsi les startups à atteindre plus rapidement la barre du million de dollars de revenus.
Modèle de financement et soutien du capital-risque
Les startups participantes ne recevront pas d’investissement direct en espèces, mais auront plutôt accès à plus d’un million de dollars de crédits. Ces crédits peuvent être utilisés pour acheter des modèles d’IA, des ressources de calcul et d’autres services auprès des entreprises partenaires. Le programme bénéficie du soutien de grandes sociétés de capital-risque telles que Sequoia Capital, General Catalyst et Lightspeed.
L’avantage stratégique pour les entreprises technologiques américaines
Bien que conçu comme un soutien à l’innovation européenne, le programme profite également aux laboratoires d’IA basés aux États-Unis. En incitant les startups à développer leurs technologies dès le début, ces entreprises augmentent le risque de dépendance à long terme. Selon Marta Vinaixa, PDG de Ryde Ventures, une fois que les développeurs commencent à s’appuyer sur un modèle spécifique, le passage à des alternatives devient beaucoup plus difficile au fil du temps.
Un jeu pour la domination du marché
Cette décision représente un effort calculé pour établir une infrastructure d’IA en Europe et enfermer les startups dans des écosystèmes contrôlés par les grandes entreprises technologiques américaines. Les gouvernements européens investissent déjà massivement dans le développement national de l’IA, mais cette initiative du secteur privé pourrait accélérer la domination des acteurs établis.
Conclusion : Cette collaboration n’est pas purement altruiste. Il s’agit d’un jeu stratégique des géants de la technologie visant à garantir leur future part de marché en Europe, en tirant parti des subventions pour créer une nouvelle génération de startups d’IA dépendantes de leurs technologies. Les implications à long terme incluront probablement une consolidation accrue du pouvoir au sein de l’oligopole actuel de l’IA.
